J’ai déserté cette aube qu’on appelle toi
Elle est vivace et froide sous ses ailes cachées
Bourdonnantes aux sons crus de l’amour
Pour de bon je glapis quelques lettres encore
Dans cette forêt que l’on appelle la tête
Deux mots s’évadent du lierre
Le lierre tombe
La route recommence recouverte
De sapinières qui éructent ton nom
– Sages et dures à l’automne qui s’enfuit
Rougissantes tes trois mains reviendront –
Tu garnissais nos corps d’émeraudes opalines
Loin des fleurs qui parlent aux jets d’eau
Des ballons trismégistes
Des ballons tristes et pâles
***
Un Pierrot de papier sur un socle de paille
Que des flammes engourdissent
Que la douleur assaille
Colombine parjure s’enfuit vers la souillure
Et retourne ses plaies sur un marbre
De sodium
J’ai déserté cette aube qu’on prend pour toi
Dans cette forêt mouvante qu’on appelle la tête