Je suis parfois seule
Enveloppée d’une fourrure
J’attends l’homme qui me fera rire
Qui me fera sourire ou
Éclater aux alouettes
J’attends l’homme qui m’aimera de sa
Plainte hivernale
Et fera s’amollir la chaleur sur mon lit
Quand je suis seule parfois je fais des
Rêves qui coulent
Et je ne les ramasse que pour
Boire ma douleur
Mais rien
Ça se succède sans revenir
Ce corps impur recommence à vouloir
Quand je suis seule parfois je
Ne fais rien
Je le regarde et
Compte les marques qu’il
S’invente pour me plaire
Les cheveux sur les lèvres
Les yeux dans le flou
J’observe mon visage qui
Me parle du temps
– Le temps de mes rides est un
Temps assassin
Je n’ai pas de mérite à lui plaire –
Et j’aime cet homme
Quand je suis seule
Quand je l’attends sous
Ma fourrure
Et que l’attente me fait rire
Quelquefois – le soir –
Quand tout fait un
Bruit de silence
Une plainte revient de l’enfance
Une plainte me glisse à l’oreille
Et je caresse l’envie d’attendre
Enveloppée d’une fourrure
J’attends la lune pour bercer ma
Douleur