| Table des matières |
Des paroles de confiture que j’étale sur le toit. Des paroles de fleur amère répandues sur ton corps. Des paroles de marbre rouge pour aduler ton sexe. Des paroles en nougat qui soulagent tes envies. Des paroles de fleuve gris pour laver ton visage. Des paroles de lave qui coule. Des paroles qui recouvrent ton visage. Des paroles d’éponge pour nettoyer l’ennui. Des paroles de draps de soie pour glisser vers les rêves. Des paroles en ivoire véritable de dinde bleue. Des paroles de phoque poilu à moelle rouge. Des paroles sous vide pour répondre aux besoins pressants.
Des paroles expansées parce qu’elles sont bon marché. Des paroles de figue pas mûre qui t’empêchent de fuir. Des paroles de fêtes pour rire. Des paroles en faux vison pour renaître en bouquet. Des paroles de rivière blanche pour laver ta poitrine. Des paroles bouclées qui piègent tes désirs. Des paroles en lucarne hexagonale qui déforme le jour. Des paroles en bois qui aime le silence. Des paroles trouées qui laissent fuir le malheur. Des paroles de béton à mâcher pour s’y casser les dents.
Des paroles sans parole pour être libre enfin. Des paroles bourgeonnantes pour donner espoir. Des paroles naines pour se faufiler nulle part. Des paroles vides parce qu’elles sont simples. Des paroles de ruisseau jaune pour repeindre tes jambes. Des paroles circulaires pour faire le tour du pot. Des paroles vertizontales pour tracer la diagonale. Des paroles horizticales pour draguer la poule d’eau. Des paroles inodores qui ne préviennent pas. Des paroles de luxe pour qu’on s’en moque.
Des paroles d’hippopotame pour cacher la lune. Des paroles de cuir mou pour obstruer le jour. Des paroles d’otarie phosphorescente qui monte l’érable. Des paroles automatiques pour améliorer l’ordinaire. Des paroles électroniques qui remplacent l’absence. Des paroles en fil de rêve pour rêver. Des paroles en toile de sommeil pour dormir. Des paroles en peau d’amour pour aimer. Des paroles chimiques qui sentent mauvais. Des paroles stupéfiantes pour manger l’air.
Des paroles d’enfant pour aller vers l’enfance. Des paroles d’adulte pour leur tirer les vers du nez. Des paroles méchantes parce que ça fait du bien. Des paroles de tous les jours parce que ça n’existe pas. Des paroles qui n’existent pas pour en avoir tous les jours. Des paroles fragiles qui ne se casseraient plus. Des paroles en chewing-gum pour faire des bulles. Des paroles chaotiques parce que c’est la mode. Des paroles en chocolat pour les manger. Des paroles en nuage de ciel qui regarde.
Des paroles en dents de scie pour qu’elles tranchent. Des paroles drôles parce que c’est rare. Des paroles jeunes pour les voir grandir. Des paroles fortes pour les ridiculiser. Des paroles qui s’écoutent pour se boucher les oreilles. Des paroles intelligentes pour être bête. Des paroles pleines de bon sens pour prendre l’opposé. Des paroles de fluide nacré qui s’étend jusqu’à l’aube. Des paroles d’huile polaire pour lustrer la neige. Des paroles en boudin de princesse pour manger du cochon. Des paroles en feuille de sauge qui ne meure pas.
Des paroles d’âme de violon qui vibre. Des paroles fréquentes pour les faire taire. Des paroles maladroites pour leur porter secours. Des paroles en torrent noir qui effondrent les berges. Des paroles en terre crue pour s’y terrer. Des paroles d’océan pour s’y baigner. Des paroles mythiques pour s’immiscer. Des paroles de tombeau aux fruits secs pour ne pas perdre son temps. Des paroles venues d’ailleurs pour les reconnaître. Des paroles spacieuses pour s’y allonger.
Des paroles exiguës pour les étirer. Des paroles parfumées qui s’imposent. Des paroles d’herbe verte pour ne pas changer. Des paroles de citron jaune pour se presser. Des paroles de sang rouge qui l’imitent. Des paroles de zèbre rayé pour voir et le jour et la nuit. Des paroles de trottoirs de Paris parce que c’est réputé. Des paroles de Président pour être au courant tout de même. Des paroles sérieuses parce qu’elles se prennent pour elles-mêmes. Des paroles de mort qui sourirait au vivant.
Des paroles vivantes qui parleraient des morts. Des paroles sans chauffage pour rafraîchir l’été. Des paroles surchauffées pour passer l’hiver. Des paroles orphelines qui se cherchent. Des paroles qui se cherchent pour aimer. Des paroles qui s’aiment pour rien. Des paroles de rien pour pas grand-chose. Des paroles en pinceau de poil d’errance pour s’unir. Des paroles de cheminée le soir qui donne le feu. Des paroles de robinet rouillé pour passer la nuit.
Des paroles sucrées à faire passer le goût des choses. Des paroles de brioche de Noël pour dire à l’autre qu’on ne lui en veut plus. Des paroles restreintes pour être relatif. Des paroles restantes pour en avoir en réserve. Des paroles en bouteille d’espace pour s’évader. Des paroles en miroir transparent pour refléter autre chose. Des paroles fraîches parce qu’elles durent plus longtemps. Des paroles en forme de navire pour traverser les mers. Des paroles à tête de pioche pour faire son trou. Des paroles en peau d’âne pour que tu reviennes.
Des paroles rouge et noir qui te ressemblent. Des paroles qui te ressemblent pour qu’elles soient belles. Des paroles esclaves pour en rompre les chaînes. Des paroles qui s’autorisent pour les emmurer. Des paroles qui vivraient ensembles pour te donner des idées. Des paroles mangeuses de poubelles pour nettoyer les rues. Des paroles faiseuses de pluie sèche pour changer. Des paroles humides pour les postillonner. Des paroles qui s’éclaircissent à trois heures du matin pour illuminer ta nuque. Des paroles à la limite du recommandable pour ne pas les éviter.
Des paroles mortes qui parleraient des vivants. Des paroles confuses pour qu’on les trouve sympathiques. Des paroles aux cheveux longs et noirs pour qu’elles te ressemblent. Des paroles de Prévert pour faire la pluie et le beau temps. Des paroles carnassières parce qu’il faut bien manger. Des paroles de sale timbre en queue de pie pour brouiller les pistes. Des paroles de saltimbanque parce que c’est pas du luxe. Des paroles télévisuelles pour les chasser.
Des paroles qui se servent d’elles-mêmes. Des paroles mutines qui se refusent. Des paroles qui outrepassent leurs droits pour être véritables. Des paroles en farine de veau de cannabis pour voir la vie en rose. Des paroles lucides parce qu’elles ne sont pas rabat-joie. Des paroles honnêtes qui ne soient pas tristes. Des paroles d’annuaire téléphonique qui se verrouille à dix-sept heures douze. Des paroles qui se connaissent parce qu’elles ne s’imposent pas. Des paroles terre d’ombre naturelle pour repeindre la nuit. Des paroles cinabre pour colorer la raison.
Des paroles fières de te connaître. Des paroles simiesques qui redoutent de ne pas être à la hauteur. Des paroles d’oracle pour répondre aux énigmes. Des paroles en forme de mystère rose qui ne voudrait rien dire. Des paroles terre de sienne brûlée comme dans les livres. Des paroles hautaines pour leur chatouiller les pieds. Des paroles astronomiques pour remplacer les lunettes. Des paroles alourdies pour ne plus avoir à les retenir. Des paroles douces qui le diraient à tes lèvres. Des paroles de lèvres pour que ce soit les tiennes.
Des paroles désoxyribonucléiques neutres. Des paroles à trous d’Éternel pour voir derrière l’Idole. Des paroles d’ongle de puce parce que c’est rare. Des paroles tressées de vide pour effacer l’absence. Des paroles à coeur ouvert pour opérer l’ennui. Des paroles à ciel ouvert pour voir plus loin. Des paroles de peau rouge qui rameute les coyotes. Des paroles de toi qui réchauffent le coeur.
Des paroles loufoques pour effrayer les cons. Des paroles anodines pour qu’elles soient à quelqu’un. Des paroles de lucarne circonflexe qui ne se case nulle part. Des paroles à boire le jus de ton sexe pour t’aimer jusqu’au bout. Des paroles qui ne se reposent pas pour trimer avec elles. Des paroles en forme de lampe à pétrole qui luit dans le ciel. Des paroles de moineau ébouriffé pour becqueter des cerises. Des paroles fauves à égorger la grève qui sonne. Des paroles revenantes qui effraient les gosses. Des paroles de rire à la crème noisette pour nourrir nos nuits.
Des paroles de coeur en trèfle pour jouer. Des paroles qui ne s’esquiveraient pas avec le jour. Des paroles lumineuses pour t’apporter la lumière. Des paroles pleines de coulis de framboise. Des paroles aux allures de tarte aux pommes. Des paroles simples pour ne pas compliquer tout. Des paroles qui ne paient pas de mine parce qu’elles sonnent plus juste. Des paroles en champignon de crêpe. Des paroles en tarte de congolais à la menthe. Des paroles en biscuit de nouilles confites.
Des paroles vérolées par l’ivresse. Des paroles de pois chiche aux écailles de louve. Des paroles en couverts de tonte de nénuphar. Des paroles à la sauce terroir importée de Hong Kong. Des paroles enrouées en porte de baignoire verte. Des paroles de rossignol des champs pour bercer tes envies. Des paroles sourdes qui n’en font qu’à leur tête. Des paroles en forme de pelle pour remplir les distances. Des paroles qui tombent bien parce qu’elles sont douces. Des paroles en robe de vinaigre qui luisent au couchant.
Des phrases bruyantes pour donner l’alarme. Des phrases exactes pour devoir les fausser. Des phrases de bouton dérobé qui revient d’outre-tombe. Des phrases d’espoir pour les répéter. Des phrases d’amour pour te le dire. Des phrases extensibles qui gèlent si on les dit. Des phrases qui se couchent avec la lune. Des phrases qui se courbent sous le poids d’une bulle. Des phrases qui demandent à naître pour que tu écloses. Des phrases rebelles pour les espérer.
Des phrases mangeuses de phrases. Des phrases couleur chair qui vont au fond des choses. Des phrases exemplaires pour ne plus les dire. Des phrases au bruit de sens pour te faire revenir. Des phrases en forme de rose pour te caresser les seins. Des phrases emphatiques parce qu’elles sont vraies parfois. Des phrases à couper le beurre pour éviter de toujours parler du fil. Des phrases d’occasion pour les retaper. Des phrases brunes pour strier ton corps. Des phrases en peau de coulis de fraise anthropophage parce que tu aimes.
Des phrases légères pour se marrer. Des phrases espacées par un rire de chouette pour être étonné. Des phrases qui roulent leur bosse jusqu’à l’île où l’on parle pour se retrouver. Des phrases absurdes parce que ça ne veut rien dire. Des phrases qui traverseraient les crépuscules trop longs pour dire ce qu’il y a à dire. Des phrases ordinaires pour l’ordinaire. Des phrases extraordinaires pour l’extraordinaire. Des phrases ordonnées pour montrer le mauvais exemple. Des phrases au développement exponentiel pour qu’elles n’en finissent pas. Des phrases réglables à la mesure du temps pour rattraper ce qu’on a perdu.
Des phrases accrocheuses et tu t’y prends. Des phrases qui ne collectionnent que les nids de merle. Des phrases qui confondent pour s’y perdre. Des phrases à redite automatique pour garder le fil. Des phrases étanches qui résistent aux larmes. Des phrases blessantes pour ne plus les dire. Des phrases qui ne parleraient que de toi pour que tu t’en doutes. Des phrases bêtes pour les oublier. Des phrases de montagne à cloche pour amuser les chiens. Des phrases de directeur adjoint pour ne pas parler de grand-chose.
Des phrases nouées à la corde des rêves. Des phrases non-dites pour qu’il reste quelque chose à dire. Des phrases à l’envers pour ne pas les juger. Des phrases qui savent voler parce que c’est mieux ainsi. Des phrases à col d’or pour les en débarrasser. Des phrases importantes pour voir ce que c’est. Des phrases cueillies dans des carrières d’agate. Des phrases exonérées d’impôt qui resteraient honnêtes. Des phrases cerclées de topaze pour en parer ta langue. Des phrases au goût d’orange qui ne se pressent pas.
Des phrases qui prennent le temps. Des phrases de cerise des bois pour savoir ce que ça pense. Des phrases de silex sauvage qui pleure. Des phrases désarmantes pour arrêter les guerres. Des phrases de croque-mort pour vénérer les dieux. Des phrases qui cognent à la porte pour avoir une caresse. Des phrases répétitives pour ne parler que de toi. Des phrases à double carburateur pour mâcher la vie deux fois plus. Des phrases comme une soupe de tortue pour les verser sur la pierre. Des phrases de torchon à vaisselle qui fait des noeuds tout seul.
Des phrases de choses silencieuses. Des phrases seules pour leur tenir compagnie. Des phrases à l’air de rien pour qu’on les sache pas grand-chose. Des phrases de fourmi à miel qui plonge dans le fleuve du vide. Des phrases de pelle à roi pour fêter ton anniversaire. Des phrases qui éblouissent pour t’éblouir. Des phrases qui bercent pour te bercer. Des phrases qui comprennent pour nous prendre encore. Des phrases invisibles pour jouer à colin-maillard. Des phrases spatiales parce qu’elles seraient inaccessibles. Des phrases venues du grand arbre à bourgeons roses qui se poseraient sur ton ventre.
Des phrases qui bercent pour t’endormir. Des phrases en coton sexué pour ton sexe sauvage. Des phrases ergotées qui se baigneront dans la glaise. Des phrases tricotées qui se défont sur la braise. Des phrases de rouge vêtues pour arrêter les trains. Des phrases de vipère aspic pour s’piquer dans les coins. Des phrases en doigt de hors-d’oeuvre pour les lécher souvent. Des phrases éthérées enterrées. Des phrases réitérées égorgées. Des phrases dépouillées esclaffées.
Des phrases courageuses pour porter l’amour. Des phrases qui ne se nourrissent d’elles-mêmes qu’à leur mort. Des phrases en forme de pelure d’airain pour attraper les crânes. Des phrases de prune d’automne pour les bassines de joie. Des phrases de trou d’iguane pour refaire le décor. Des phrases en chaîne de membre qui bronzera à la lune. Des phrases en boyau d’andouille pour nouer le cerf. Des phrases à reculons biaisées pour accueillir les rides. Des phrases de tilleul-menthe pour les boire à cinq heures. Des phrases en carte océanique pour reconnaître leur cri.
Des phrases de crécelle qui crissent. Des phrases hors d’atteinte qui chatouillent l’envie. Des phrases éteintes pour les allumer encore. Des phrases juteuses comme une pomme d’amour pour te les offrir. Des phrases à tête de pif de groin qui observe l’étoile. Des phrases à recommencer les phrases. Des phrases à manger les phrases. Des phrases à copier la Phrase. Des phrases tambour pour tonner aux portes du château. Des phrases excrémentielles qui font fuir les précieux.
Des phrases parfumées à ta mesure. Des phrases qui te ressemblent sans le vouloir. Des phrases respectueuses de ta pudeur. Des phrases uniques en tes genres. Des phrases grignoteuses de jacinthes pimentées. Des phrases gris citrouille pour faire ses comptes. Des phrases kaléidoscopiques pour les envoyer loin. Des phrases miroitantes qui absorbent les soucis. Des phrases en feuille de stylo à bille sculptée dans la tomate. Des phrases en tige d’égout lustrée par un nez.
Des phrases croqueuses de bonbons d’air. Des phrases méchantes comme tout pour en rire. Des phrases proverbiales et puis snobes pour subir. Des phrases qui plantent des cous de patates aux carrefours des villes. Des phrases millénaires pour les expérimenter encore. Des phrases de boue gercée pour les voir s’écailler. Des phrases de téléphone pleurnichard pour insulter les larmes. Des phrases clownesques et simiesques et pédestres pour que ça cloche. Des phrases en bout de nerf pour les calmer un peu. Des phrases que ton retour ferait sourire à l’ouest.
Des phrases pygmées pour imiter les nains. Des phrases naines pour imiter les pygmées. Des phrases retournées par la dent qui chante. Des phrases de sage parce qu’au moins elles sont belles. Des phrases savantes pour qu’on les singe. Des phrases mort-nées pour qu’on les réinvente. Des phrases de hibou bleu à sucer. Des phrases en caleçon de cuir de phoque. Des phrases qui respirent le sang des guerres pour mieux dégueuler. Des phrases porteuses de poisse pour ne plus les dire.
Des phrases qui remettent à demain. Des phrases qui réconcilient le cul et le Père. Des phrases exilées pour qu’elles reviennent heureuses. Des phrases de merle criard qui découvre les poules. Des phrases de poule qui a des dents. Des phrases de pied-à-terre pour leur rentrer dedans. Des phrases qu’une loupiote rouge prend par-devant. Des phrases de chaloupe à la mer. Des phrases de gorge de Satan. Des phrases octogénaires parce que ça s’entend.
Des phrases en peau de torse de grenouille. Des phrases à l’odeur noisette. Des phrases qui paraphrasent pour le geste. Des phrases pour serpenter les mers. Des phrases pour éteindre le jour. Des phrases pour allumer la nuit. Des phrases sans nom. Des phrases sans son. Des phrases brasier de l’humanité pour que ça bouge tout ça. Des phrases de météores lunaires bouillis qui seraient un régal. Des phrases en chien de fusil pour traquer la douleur.
Des mots qui rêvent à l’automne revenu. Des mots de branche de cèdre parsemée de vide. Des mots caractéristiques pour que ça bouge un peu. Des mots à personne parce qu’on ne peut les prendre. Des mots de personne parce qu’on ne peut les rendre. Des mots à mi-mot pour ne dire qu’à moitié. Des mots mimosas qui voient le centre de la terre. Des mots aspirés pour consommer d’la paille. Des mots inspirés en forme de bras d’oreille. Des mots de cervelle frite accompagnée de moules.
Des mots énormes qu’on ne verrait plus. Des mots de sanctuaire pour lâcher les rumeurs. Des mots de rue sordide qui sentent le tripot. Des mots de poitrine végétarienne sur laquelle pousse un arbre. Des mots de piano ombragé géniteur des six têtes. Des mots d’horloge en crêpe pour désordonner l’heure. Des mots trop érudits pour qu’on les croit vraiment. Des mots d’autres mots moins bêtes. Des mots d’autres mots plus chouettes. Des mots d’azure transpolaire.
Des mots arrimés au crépuscule. Des mots bidirectionnels qui satisfassent nos goûts. Des mots qui viendraient se poser sur tes lèvres. Des mots à l’air libre pour crier l’amour. Des mots à l’aise dans les chaussures du temps. Des mots aux semelles de vent pour rappeler le poète. Des mots multisonores pour la joie de les dire. Des mots à tête d’enclume qui forme les anges. Des mots de lanterne sourde qui s’éclaire le chou. Des mots à étoiles fluorescentes pour désigner la corde.
Des mots à l’autre bout des choses. Des mots qui ne se disent qu’à toi pour te les dire. Des mots qui ne s’adressent qu’à toi pour les ériger en ton nom. Des mots qui t’honorent pour en couvrir tes cheveux. Des mots de fruit d’or pour qu’on les cerne mieux. Des mots d’amibe mexicaine à main de potiron. Des mots dits à Bolique parce que Bolique est con. Des mots de diable vert pour faire le complément. Des mots d’enfant de Dieu qui serait translucide. Des mots de mots cachés à en perdre la tête.
Des mots à jouer pour jouer encore. Des mots archaïques de pustule errant. Des mots ascétiques de curé sur la fin. Des mots d’ordinateur-chèvre perroquet à ses heures. Des mots de pêche humide pour pallier le silence. Des mots de char de guerre qui ne seraient plus fous. Des mots d’asticot mangeur de froid parce qu’ils ne mangent pas le reste. Des mots sans terre qui brûle pour arroser le monde. Des mots sempiternels parce que c’est con d’le dire. Des mots à bout de souffle qu’on ne fusillera plus.
Des mots mal digérés par les curés. Des mots de labyrinthe obscur pour se perdre dedans. Des mots de baudruche folle pour lui crier sa gueule. Des mots très dramatiques qui changent de parallèle. Des mots faiseurs de pluie qui envient le beau temps. Des mots en contre-jour pour calmer tes soucis. Des mots en peau de toi pour m’en revêtir. Des mots appeaux de toi pour te faire revenir. Des mots du vieux Léo parce qu’il sont sincères. Des mots de chouette à corne qui traverse la rue.
Des mots de bête terrible pour faire peur. Des mots galbés comme un sabre qui brûle au soleil acide. Des mots de lune qui dort sous un drap d’atmosphère. Des mots de coeur de terre pour fêler les poitrines. Des mots de bolet rouge qui protège les chiens. Des mots à collerette pour jouer au seigneur. Des mots et des choses pour les philosophes. Des mots et des choses pour les oeufs filés. Des mots de varice pour soigner les maux. Des mots nomades pour échapper au sens.
Des mots de seul recours qui répondent. Des mots blasphématoires pour qu’ils ne restent pas seuls. Des mots à glotte trotteuse. Des mots acquis d’avance. Des mots en plaqué or pour dénoncer leur fadeur. Des mots en or massif pour dénoncer leur pâleur. Des mots en argent pour dénoncer leur laideur. Des mots en hareng qui ne sentiraient pas le hareng. Des mots d’artiste pour tester la gonflette. Des mots de poète pour n’y rien comprendre.
Des mots asphyxiés pour les faire revivre. Des mots qui désireraient parler aux pierres. Des mots en mongole de Tasmanie mineure. Des mots en djellaba corallienne pour couvrir le Maroc. Des mots de détresse pour qu’on les utilise. Des mots qui revendiquent le droit des cerises à naître en hiver. Des mots aliénants pour déjouer l’angoisse. Des mots que les marins prononcent pour diriger les vents. Des mots incantatoires comme ceux que tu lis. Des mots d’algues dépecées qui rampent vers le Sinaï.
Des mots en vers de plomb. Des mots à compter d’aujourd’hui parce qu’ils sont plus frais. Des mots de termite globe-trotteur pour rencontrer le monde. Des mots de souris verte pour redire l’enfance. Des mots de mort pour ne mourir qu’en parole. Des mots chevalins qui galoperaient sur la mousse. Des mots de caramel qui coule pour en recouvrir ta langue. Des mots gentils pour te les dire simplement. Des mots à retardement que tu pourras plus tard comprendre. Des mots qui ne parlent qu’à toi quand la voix devient faible.
Des mots qui déchaînent ton feu et le mien. Des mots qui font tout bien par plaisir de faire bien. Des mots contractuels pour qu’ils s’autodétruisent. Des mots d’esprit parce que l’esprit dérange. Des mots d’anarchiste pour mieux ferrer les hauts. Des mots jeux de mots parce que c’est moins triste. Des mots en forme de dettes pour arranger les vieux. Des mots de blettes sauvages parce qu’ils sont sauvages. Des mots qui ne tricheraient plus avec la vie.
Des mots pour devenir muet. Des mots pour devenir bête. Des mots en pâte de pédagogie. Des mots en passe de démagogie. Des mots à déontologie. Des mots persifleurs pour railler les couillons. Des mots de poil de chienne installée en Espagne. Des mots de grigri bleu abandonné sur Mars. Des mots de juillet prononcés en août. Des mots de septembre prononcés en juin.
Des mots du dimanche habillés en lundi. Des mots périphériques qui dessineraient un vase. Des mots pour indiquer les éclipses d’icebergs. Des mots pour prévenir les dunes. Des mots au secours du Mot. Des mots pour arbitrer les matchs de perdrix. Des mots qui perpétuent les mots. Des mots à la dérive pour qu’on les sacrifie. Des mots de mots stupides parce qu’on en redemande. Des mots de sac de bulles pour faire rire les enfants...
Tant de choses à voir et à entendre,
Trop de mots pour les comprendre.